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Poème écrit par Séverine, 15 ans
Qu’as-tu vieux paysan ?
Fuis-tu la vie,
La vie te fuit-elle ?
Tes regards fixent avec frayeur les objets…
Tes pantoufles t’intriguent.
Je t’aime, mais tu ne me connais pas…
On est obligé de te rappeler qui je suis et quel est
mon nom
A quoi penses-tu, grand homme de la nature,
Toi qui longes les barres tendues
Le long des couloirs d’hôpitaux.
Ta vie est clôturée par des murs hauts.
Et cette infirmière qui te prend pour son gosse !
Montre-lui, grand-père, que tu ne maîtrises plus tes faits et gestes.
Montre-lui, quand même, tes savoirs et tes besoins d’espace.
Pourquoi éprouves-tu ce sentiment de fuite où que tu sois ?
As-tu peur des hommes ?
Voudrais-tu fuir la réalité de ce monde ?
Que caches-tu, vieil homme, derrière ce masque de l’oubli ?
Tu reconnais ton copain de classe et tu ne me reconnais pas
Moi, ta petite fille qui t’aime tant ?
Tant de maladies détruisent les plus intelligents des hommes.
Oh, grand-père,
Quelle ânerie cette maladie !

« Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. » Michel Audiard

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