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Myriam Chomat - Psychologue - Membre du réseau ecoute-psy.com
 
 

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La famille face à la personne démente éprouve une série de sentiments qui sont autant de souffrances : "la famille est la victime cachée de la démence".

- l'angoisse de l'hérédité soulève la peur de leur future vieillesse
- la crainte de problèmes financiers si la maladie continue
- la peur de ne pas tenir sa promesse : "Je ne te placerai jamais en Long séjour"
- le conflit interne entre la volonté de préserver l'équilibre et la sérénité familiale et la   reconnaissance filiale ou conjugale, car il reste le souvenir de l'investissement antérieur du   malade pour les enfants ou pour le conjoint
- le chagrin devant l'altération physique du parent qui est devenu méconnaissable pour ceux   qui l'ont connu et aimé différent
- l'insécurité devant le comportement à avoir face au dément qui agresse

Au fil des jours la souffrance se double d'un travail de deuils successifs qualifiés par certains de deuil "blanc", avant l'épreuve :

- deuil de l'espérance de guérison, même si des progrès thérapeutiques existent
- deuil de la relation perdue : "Il ne me reconnaît plus »
- deuil de l'admiration : "Lui qui était si gentil, si fort, si brillant!"
- deuil du rôle, par renversement des rôles familiaux habituels: les enfants se sentent devenir   les parents de leur parent
- deuil de l'estime de soi devant l'agressivité manifestée lors du énième comportement perturbateur quotidien du malade. Ne supportant plus la situation certains se posent la question du sens d'une telle vie et souhaitent sa fin... tout en se reprochant un tel souhait

- deuil de la possibilité de prévoir l'avenir : à long terme mais aussi à court terme dans le déroulement du quotidien : présence constante auprès du malade, manque de repos la nuit, agressivité de la part du dément, etc.

En effet, souvent, la personne malade culpabilise la famille : "Ne partez pas, ne m’abandonnez pas… Je suis si seule… "

La famille généralement fortement impliquée tout au long de la maladie, se retrouve dans une situation d'anxiété permanente et a parfois tendance à s'isoler dans son mal être.

Face à l'évolution de la maladie, face à certaines incompréhensions, face à une personne qui ne réagit plus comme avant, les aidants se sentent parfois "déboussolés".

Les statistiques montrent que 47 % se disent déprimés et 74 % subissent des répercutions sur leur santé.

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